Résumé de l’article
Présentation synthétique des objectifs, de la démarche et des principaux résultats de cette publication.
INTRODUCTION : Les AVC cardio-emboliques sont relativement fréquentes, elles ont fait l’objet de différentes études à travers le monde et principalement en Afrique. L’objectif de cette étude était de déterminer la fréquence hospitalière des AVC cardio-emboliques, de décrire les caractéristiques sociodémographiques des patients souffrant d’AVC cardio-emboliques, d’identifier les cardiopathies emboligènes rencontrées, de décrire le traitement des AVC cardio-emboliques et leur létalité.
MATERIEL ET METHODE : Il s’agissait d’une étude rétrospective, descriptive, allant du 1er Janvier 2023 au 31 Décembre 2024, réalisée dans le service cardiologie de l’Hôpital National d’Ignace Deen. Ont été inclus dans cette étude tous les patients hospitalisés durant la période d’étude pour un AVC ischémique d’origine cardio-embolique confirmé par l’imagerie cérébrale et les explorations cardiovasculaires. Ont été exclus tous les patients hospitalisés pour un AVC d’origine non cardio-embolique (AVC hémorragique, lacunaire, indéterminé), les patients dont le dossier médical était incomplet ou inexploitable, les patients dont le diagnostic d’AVC cardio-embolique n’a pas été confirmé par les examens requis, les cas d’AVC survenus en ambulatoire. Le recrutement a été exhaustif. Nos variables ont été épidémiologiques, cliniques, paracliniques, évolutives et, thérapeutiques. Les logiciels Microsoft word et Power point (Office 2019) ont été utilisés pour la rédaction. La confidentialité des données et le respect de la dignité des patients ont été garantis tout au long du processus.
RESULTATS : Sur 1178 patients, 72 présentaient un AVC soit 6,03%. L’âge moyen des patients était de 57,16 ans avec une prédominance masculine (sex-ratio 1,4). L’hypertension artérielle (46,7 %) est le principal facteur de risque cardiovasculaire suivi du diabète (17,74 %) et du tabagisme (4,84 %). La cardiopathie ischémique (44,44 %) est la première cause d’AVC cardioembolique dans notre série suivie de la fibrillation atriale (19,44 %). Les signes cliniques sont dominés par les troubles de la conscience (41,66 %), suivis des palpitations (31,94 %) et du déficit moteur (27,77 %). 26 patients soit 36,11% avaient un déficit sévère avec un score de NIHSS entre 15 et 20 ; 15 patients soit 20,83% avait un déficit modéré avec un score de NIHSS entre 5 et 15 ; 18 patients soit 25% avaient un déficit très léger avec un score de NIHSS < 4 ; 12 patients soit 16,66% avaient un déficit grave avec score de NIHSS >20 et chez 1,38 % patients le NIHSS était introuvable. Les territoires les plus atteints étaient l’artère sylvienne (43%) suivie de la cérébrale antérieure (22%) et de la cérébrale moyenne (13%). La fibrillation atriale (FA) était l’anomalie électrocardiographique la plus fréquente (20,83%). A l’échographie transthoracique (ETT), il y avait une dilatation des cavités cardiaques (38%), un thrombus intraventriculaire gauche (9%). Le traitement reposait sur une anti coagulation éfficace associant HBPM et AVK(84,72%). Nous avons enregistré 7 décès soit 10%. Les facteurs influençant le pronostic étaient la sévérité initiale de l’AVC (score NIHSS élevé), la présence de comorbidités (diabète, insuffisance cardiaque), la précocité de la prise en charge et l’accès à la rééducation.
Conclusion : Les infarctus cérébraux cardio-emboligènes constituent un problème de santé publique par leur fréquence dans notre service. Les pricipales cardiopathies retrouvées sont la cardiopathie ischémique, la fibrillation atriale et la cardiomyopathie dilatée. Les sujets âgés sont majoritairement atteints. L’HTA est le principal facteur de risque. La prise en charge est multidisciplinaire et repose sur une anticoagulation éfficace.
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