Résumé de l’article
Présentation synthétique des objectifs, de la démarche et des principaux résultats de cette publication.
Introduction :
L'AVC représente l'un des motifs les plus fréquents d'hospitalisation dans les services de neurologie, avec une part croissante du genre féminin. Outre les facteurs de risque communs aux deux sexes, la femme présente des facteurs de risque qui lui sont spécifiques. Cette étude avait pour objectif d’identifier les facteurs prédictifs des AVC chez les femmes hospitalisées en neurologie à Abidjan.
Méthodes :
Nous avons mené une étude analytique rétro-prospective de juin 2024 à juin 2025 dans le service de neurologie du CHU de Cocody à Abidjan. Les patientes incluses étaient âgées d'au moins 18 ans et hospitalisées pour un AVC confirmé par imagerie cérébrale (TDM ou IRM). Les données recueillies portaient sur les caractéristiques sociodémographiques, les facteurs de risque cardiovasculaires, comportementaux, hormonaux et obstétricaux. Les analyses statistiques ont comporté une étude descriptive, une analyse bivariée et une régression logistique multivariée.
Résultats :
Notre série comportait 80 patientes, d'un âge médian de 59 ans. Les AVC ischémiques étaient les plus fréquents, représentant 58,75 % des cas. Les principaux facteurs de risque retrouvés étaient l’hypertension artérielle (78,75 %), le stress (30 %), le diabète (23,75 %) et la sédentarité (16,25 %). La ménopause concernait 65 % des patientes et 20 % utilisaient une contraception hormonale. En analyse bivariée, l’âge ≥ 60 ans (p=0,013), le diabète (p=0,0026), les antécédents d’AVC (p=0,021) et la ménopause (p<0,0001) étaient associés aux AVC ischémiques, tandis que la contraception hormonale était associée aux AVC hémorragiques (p=0,0005). En analyse multivariée, le diabète (OR=8,32 ; IC95% [1,72–40,2] ; p=0,008) et la ménopause (OR=6,85 ; IC95% [2,38–19,7] ; p<0,001) étaient indépendamment associés aux AVC ischémiques.
Conclusion :
Les AVC chez la femme résultent de l’interaction entre facteurs de risque cardiovasculaires classiques et facteurs hormonaux spécifiques. Le diabète et la ménopause apparaissent comme des facteurs prédictifs majeurs des AVC ischémiques dans notre contexte. Une prévention ciblée, intégrant les particularités féminines, pourrait permettre de diminuer le nombre d'AVC chez la femme dans notre contexte.
Mots-clés : AVC, femme, facteurs prédictifs, ménopause, contraception hormonale
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